À certaines conditions, il est possible de souscrire un crédit en Suisse pour investir en France.
Emprunter en Suisse permet de profiter de taux moins élevés qu’en France.
Le principal danger lié à cette formule résulte des variations de change.
Crédit en suisse : conditions requises
Un prêt en devise est une formule qui peut s’avérer intéressante pour les travailleurs frontaliers français qui veulent devenir propriétaire en France qu’il s’agisse de l’achat d’une résidence principale ou d’une résidence secondaire.
Ces prêts ne sont pas accessibles à tout le monde : obtenir un crédit en Suisse en tant que travailleur frontalier implique de remplir un certain nombre de conditions d’éligibilité : les frontaliers doivent obligatoirement résider dans dans l’un des départements français qui bordent ce pays comme l’Ain, le Doubs, la Drôme, le Haut-Rhin, la Haute-Savoie ou le Territoire de Belfort et il est nécessaire de disposer d’un contrat de travail suisse au moment de la demande avec 12 mois d’ancienneté pour Genève et 36 mois pour les autres régions suisses.
Intérêt de souscrire crédit en Suisse
Avec des taux d’intérêt au plus bas et un taux de conversion favorable pour ceux étant rémunérés en francs suisse (CHF), emprunter de l’autre côté de la frontière présente certains avantages.
En effet, un emprunteur payé en CHF réduit le risque de change (l’emprunt est libellé dans la même devise que les revenus) et les taux d’intérêt suisses ont longtemps été plus compétitifs que ceux contractés en France.
En août 2023, il était ainsi possible de s’endetter sur 15 ans autour de 2,60 %, de 2,70 % sur 20 ans et de 2,80 % sur 25 ans. Ces tarifs sont moins élevés que ceux de l’hexagone ou la moyenne des prêts à 15 ans tourne, par exemple, autour de + ou - 3,80 %.
Aujourd’hui, même si les taux d’intérêt en France ont tendance à remonter, les taux d’intérêts suisses ne sont pas forcément plus compétitifs.
Crédit en Suisse : principaux types de crédits disponibles
La gamme de crédits accessible aux frontaliers et peu ou prou équivalent à ce que l’on trouve en France, à savoir :
- prêts personnels : également appelé « crédit privé », le crédit personnel en Suisse répond au même règles financières que le crédit à la consommation tricolore ;
- prêts immobiliers : le marché propose des prêts à taux fixes ou à taux variable sur une durée s’étageant de 15 à 25 ans. Comme en France, les prêts à taux variables peuvent être capés, c’est-à-dire flanqués d’une barrière que les taux ne peuvent franchir ni à la hausse, ni à la baisse. A taux fixes ou variables, les prêts sont généralement assortis d’une garantie hypothécaire (s’il n’est pas payé dans les délais prévus, le créancier pourra obtenir la saisie de l’immeuble pour se rembourser).
Risques liés à un crédit en suisse
Le risque principal concerne les particuliers rémunérés en euros et souscrivant un prêt libellé en CHF.
Souscrire un prêt immobilier auprès d’une banque suisse expose donc l’emprunteur au risque de voire sa mensualité augmenter du fait des écarts de change CHF/euro.
Ce risque est d’autant plus considérable que la durée du prêt immobilier est longue. Pour parvenir à gommer l’effet de cette appréciation potentielle, il faudra que la plus-value réalisée lors de la revente couvre la différence. Une hypothèse peu réaliste quand on sait que le cours du CHF s’est parfois apprécié de plus de 60 % face à l’euro entre 2008 et 2015.